Vendée Globe, des solitaires pas tout seuls.

© Christophe Favreau

Le Vendée Globe est devenu une course de légende. Cette course, c’est un homme seul, sur un bateau qui semble bien petit face aux océans du monde. Mais derrière, ils sont combien à les accompagner, le skipper et son bateau , les préparer, les conseiller?

Comme dans de nombreux sports ( automobile,…), derrière un homme et sa machine, il y a une équipe de spécialistes, techniciens, conseillers. évidemment, toutes les équipes n’ont pas les même budgets, les skippers, les même ambitions. Mais il y a un mot d’ordre commun à toutes ses équipes:  que le skipper parte confiant et que son bateau soit prêt à affronter les assauts des océans.

Dans les grandes écuries, à chacun sa spécialité

Safran fait partie des grosses équipes avec sa machine de course équipée de foils. Stan Delbarre, responsable

2016 – Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendee Globe

technique sur le bateau de Morgan Lagravière, dirige une équipe de cinq techniciens. « Clairement, chacun a sa définition à bord. La mécanique hydraulique, le gréement, le textile, le composite, la visserie. Nous avons plusieurs corps de métiers. Certains sont plus polyvalents. On n’est pas un si gros team, je ne pense pas qu’on fasse partie des plus grosses écuries. Ça reste humainement gérable », explique le boat captain, qui depuis quelques semaines reçoit le renfort de « pigistes ». Il assure que le bateau, à un peu d’une semaine du départ, est prêt à quitter Port-Olona. « On sait que quand on arrive aux Sables d’Olonne, c’est 50 % d’efficacité en moins donc on travaille en amont. Les plus petites équipes sont encore plus touchées. Elles doivent parfois emprunter du matériel à d’autres teams. On s’échange pas mal les produits. C’est l’avantage de l’esprit marin. Je ne pense pas qu’en F1 ils s’échangent leurs pneus. » L’équipe de Morgan Lagravière règle les derniers détails avant d’entièrement désinfecter le bateau quatre jours avant le départ et de le mettre en quarantaine. « A 72 heures du départ, le bateau sera fermé. Plus de visites. On fait un gros nettoyage pour que Morgan ne parte pas avec des maladies de terrien. Hygiène maximum à partir de mercredi prochain », précise Stan Delbarre.

L’importance de la polyvalence

Certaines équipes sont plus réduites. Chacun compose avec ses ressources. Sur un projet de moyenne envergure comme Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine, les préparateurs sont plus polyvalents. Laurent Bourguès est directeur technique sur l‘IMOCA de Thomas Ruyant. En charge du gréement, des voiles, du mât et de la partie hydraulique, il se doit d’être touche-à-tout dans cette équipe restreinte. « Nous sommes en bas des budgets moyens je pense. Nous faisons en sorte de rester dans les limites définies avec les partenaires. Nous arrivons au bout des deux semaines de travail que l’on s’était fixées. Tout est prêt. Nous avons même du matériel de rechange », analyse Laurent Bourguès. « Ça fait un an et demi qu’on travaille sur ce projet. C’est Thomas qui va partir mais nous allons tous partager son aventure. Nous sommes tous marins, nous savons comment ça se passe en mer. Thomas va faire ça bien. »
Si toute l’équipe technique de Thomas Ruyant navigue, tous ont pleine conscience de la difficulté extrême du tour du monde en solitaire et sans escale. Un point commun avec les préparateurs de Kilcullen Voyager-Team Ireland, Figaristes lorsqu’ils ne bricolent pas l’IMOCA de l’Irlandais. « Le stress c’est de se demander ce qu’on aurait pu oublier même si tout est prêt. C’est une grosse pression. Un Vendée Globe ça s’arrête souvent pour des détails », confie Gildas Mahé, technicien d’Enda O’Coineen, avant que son collègue Simon Troel n’enchaîne : « C’est génial d’être dans une équipe technique d’un IMOCA. Il n’y a pas plus compliqué. Techniquement, tout est pointu. »

Chaque homme compte

Petit budget ne rime pas avec projet tronqué. Famille Mary – Etamine du Lys symbolise parfaitement l’esprit du

Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendee Globe

Vendée Globe, où l’aventure se mêle à la compétition. Le projet de Romain Attanasio est à taille humaine. Seulement trois préparateurs se partagent les tâches à bord de l’IMOCA mis à l’eau en 1998. Philippe Cairo, alias « Pipo », est arrivé en premier sur le projet. Ce responsable technique s’assure que Romain n’ait plus qu’à se concentrer sur sa course. « On est autonomes mais si Romain veut quelque chose, on lui fait. Le bateau est prêt à partir. On s’est juste laissé le temps de régler quelques détails pour la période aux Sables. »

Concurrents durant la course, les boat captains et les préparateurs forment une grande famille. Ils se connaissent tous. Il arrive même qu’ils s’invitent entre eux à visiter l’embarcation de leur poulain. A une semaine du départ, personne ne craint l’espionnage industriel. Les bijoux de technologie n’ont plus rien à cacher.
Au moment de s’engager dans le chenal des Sables d’Olonne, les navigateurs seront seuls en scène, mais dans leur ombre, les équipes techniques vivront le Vendée avec intensité.

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